12 Oct

Get Off My Caisse! Indigenous Land Defenders against Fossil Fuel

Get Off My Caisse! Indigenous Land Defenders against Fossil Fuel

Climate Justice Montreal – Justice Climatique Montréal

En décembre 2015, l’Accord de Paris sur le climat a été adopté par une forte majorité de pays dans le monde. Cet accord vise à contrôler les émissions de carbone afin de limiter à 2 degrés d’augmentation la température mondiale. Au moment où le gouvernement du Québec ouvre les rivières et les lacs de la province à l’exploration pétrolière et gazière, et que la Caisse de dépôt et placement du Québec – un investisseur institutionnel majeur qui détient près de 300 milliards de dollars d’actifs et gère des pensions multiples – a accru ses investissements dans les secteurs du charbon, du pétrole et du gaz pour atteindre cette année les 16 milliards de dollars, il devient impératif d’agir pour contribuer à atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

Les investisseurs institutionnels tel que la Caisse jouent un rôle important en soutenant la viabilité d’un modèle d’entreprise basé sur les énergies fossiles, un modèle qui devient rapidement obsolète. Surtout, ce modèle est injuste pour les communautés dont les terres sont sacrifiées et inéquitable pour les générations futures, dont les vies sont compromises pour des gains financiers à court terme. L’ironie est que, bien que tous les Québécois profiteront des investissements de la Caisse grâce aux pensions, cet argent entraîne simultanément la dégradation de notre climat, de notre planète et des personnes les plus vulnérables.
Afin de mettre un visage humain sur les investissements de plus de 16 milliards de dollars de la Caisse dans l’industrie des combustibles fossiles, Justice Climatique Montréal accueille deux défenseurs des terres autochtones à Montréal, qui participent à la lutte contre l’extraction de combustibles fossiles dans les terres indigènes afin qu’ils nous partagent leur expérience.

Cheryl Maloney, présidente de l’Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse, menait à la pointe de la résistance à l’extraction de gaz naturel par Alton Gas. Cette société, une filiale d’AltaGas dans laquelle la Caisse a investi 53 millions de dollars, avait prévu libérer de la saumure salée — un sous-produit de l’extraction de gaz — dans la rivière Shubenacadie, une source importante de subsistance et de fierté culturelle pour les Mi’kmaq depuis des milliers d’années. Cheryl nous parlera des tensions qui ont caractérisé les protestations l’année dernière, lorsque les protecteurs de l’eau ont construit une « Maison de camions des traités » pour affirmer les droits constitutionnels de leur peuple de chasser et de pêcher sans entraves.
Freddy Stoneypoint de la Première nation de Sagamok Anishinawbek est un étudiant de l’Université Carleton. Il a, avec les protecteurs de l’eau Bawating (Sault Saint-Marie), Idle No More et Defenders of the Land, aidé à organiser Unsettle Canada 150. Au cours de l’été 2017, Freddy a été arrêté en participant à un camp d’action directe, le « camp de la rivière York », pour empêcher la société québécoise Junex d’accéder à ses foreuses, utilisées pour la fracturation hydraulique. La Caisse a investi plus de 5 millions dans Junex. La société d’État Investissement Québec a quant à elle injecté plus de 20 millions de dollars dans cette entreprise. Freddy parlera de ses récents engagements en tant que défenseur foncier et protecteur de l’eau.
Compte tenu des affirmations scientifiques irréfutables et de l’expérience des communautés de première ligne en ce qui concerne la situation critique de notre climat, les investisseurs institutionnels comme la Caisse révisent lentement la place des combustibles fossiles dans leur portefeuille. Cela dit, ils sont lents à agir et ont besoin d’encouragement. Pour cette raison, Justice Climatique Montréal et ses alliés exigent que la Caisse de dépôt et placement du Québec:

1. Retire tous ses investissements dans des entreprises de combustibles fossiles (entreprises principalement impliquées dans l’extraction, la vente ou le transport de combustibles fossiles) d’ici trois ans.
2. Refuse dès maintenant de financer toute autre infrastructure liée aux combustibles fossiles.
3. Affirme la souveraineté des nations autochtones et reconnaisse leurs droits de contrôler – et de refuser – le développement des ressources sur leur territoire. Elle doit aussi s’engager à ne pas investir dans des entreprises qui enfreignent ces droits.
Le désinvestissement est un moyen stratégique pour affaiblir l’industrie des combustibles fossiles. Ce mouvement, initié par les étudiants, dépasse largement le contexte universitaire. Exercer une pression sur la CDPQ et l’inviter à désinvestir enverra le signal à d’autres investisseurs que notre économie doit trouver un moyen d’équilibrer les services utiles qu’elle nous rend, de fournir des moyens de subsistance à la population, et de protéger notre planète. Toutes les personnes ayant des régimes de retraite et des polices d’assurance ont des raisons de s’impliquer dans cette campagne. Bien que nous souhaitons tous profiter d’une retraite avec un minimum de confort, cela ne peut se faire au détriment d’un climat viable, des plantes et des animaux ainsi que de la sécurité et des droits des Premières nations. Comment pouvons-nous dormir lorsque la justice n’est pas servie?

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